2. Les demandes et compte rendu officiels

2.1 Au Ministre de la Culture de classement d'urgence

Par l'association des Amis du Vieux Saint-Etienne

 

 

MINISTERE DE LA CULTURE
Monsieur le Ministre
Cabinet du Ministre

3 rue de Valois
75043 PARIS Cedex 01

Administration
E. Mail : amis@vieux-saint-etienne.com
Web : http://www.vieux-saint-etienne.com

 

Objet :

PATRIMOINE
Manufacture d'Armes de Saint-Etienne

P. J. :

Courrier commun déjà adressé au Cabinet

Articles de presse locale

Saint-Etienne, le 10 juillet 2004

Monsieur le Ministre,

Le projet de Cité du Design de l'agglomération stéphanoise est désormais rendu public.

Ce projet prévoit la poursuite de la destruction du site actuel, en particulier les résidences des directeurs et la cour d'honneur, les bâtiments administratifs en façade principale. Le site perd ainsi toute sa cohérence architecturale et tout son sens. Les jardins associés sont menacés.

Or, la MAS constitue un ensemble architectural unique, à forte valeur patrimoniale, sociale et historique préservée à ce jour dans son dessin original.

- Architecture industrielle du XIXe siècle, typique du Second Empire : plan classique, implantation géométrique, espace rythmé plein et vide, associant bâti de travail et de vie (cantine, réfectoire, dortoir) encadrée des hôtels directoriaux, “petits châteaux” urbains agrémentés de parcs paysagers aux jardins suspendus. Ces habitations comportent des éléments : parquets, cheminées, trumeaux, staff, boiseries, ferronneries... typiques du décor de la haute bourgeoisie du temps et de son mode de vie.

- Architecture sociale et fonctionnelle : où cohabitent l'ouvrier, le technicien, l'ingénieur et le directeur-maître, mais encore le civil et le militaire (spécificité de production manufacturière).

- Architecture militaire : plan fermé, mur d'enceinte, jardins suspendus, balustrade, grille, uniformité du bâti avec dominance du bâtiment administratif, poste de commandement, place d'armes, pavés des cours, espace martial.

Saint-Etienne est une ville d'armes. “Armeville” révolutionnaire, elle nourrit l'indépendance américaine de sa production et l'histoire de France. Sortent d'ici le Chassepot et le FAMAS et tant d'inventions ou d'améliorations techniques et technologiques.

- Architecture urbaine : Le site s'inscrit dans la spécificité stéphanoise, unique combinaison européenne d'un plan néoclassique et d'un tissu urbain de bâtiments industriels.

Le site s'ouvre directement sur l'axe nord sud de la Grand'Rue, et à l'ouest sur les premières voies de chemin de fer continentales (axe Andrézieux-Roanne-Paris, nord, axe Lyon, sud). L'état présent des bâtiments est remarquable. Bien entretenus par GIAT jusqu'à ce jour, ils sont en très bon état, d'un entretien et d'un aménagement simples.

Les jardins des bâtiments directoriaux constituent deux espaces verts intéressants par leur construction (suspendus), leurs végétaux (feuillus et arbustes d'agrément, pelouse) et leur situation privilégiée en centre urbain. Le projet les affecte gravement alors que les arbres, désormais centenaires, sont en plénitude de croissance.

A ces titres notre société sollicite de votre autorité le classement en urgence du site de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne au titre des Monuments Historiques.

Saint-Etienne s'est vue reconnaître le label Ville d'Art et d'Histoire pour son patrimoine XIXe et XXe. Ce classement sera dès lors emblématique de ce statut privilégié. Sinon comment justifier le label et la destruction du site qui le caractérise le plus ?

Enfin Saint-Etienne, compte trop peu de sites classés et son actualité est malheureusement entachée de trop de démolitions qui sont l'opprobe d'une politique citoyenne.

Restant à la disposition de vos services pour en discuter au niveau de votre Cabinet,

 

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance de notre plus haute et plus parfaite considération.

 

Madeleine BOSCHKO-PRIMET, Pierre TROTON,
Vice-Présidente
pour la Société des

AMIS DU VIEUX SAINT-ETIENNE

Président de la Commission Patrimoine
Président des

AMIS DU VIEUX SAINT-ETIENNE
Expert près la Commission Européenne

 

 

 

Par l'association ARCO

 

 

 

Saint-Etienne, le 15 juillet 2004

Monsieur le Ministre de la Culture
et de la Communication
Cabinet du Ministre
3 rue de Valois
75701 PARIS

 

RECOMMANDÉ A.R.

Demande de classement d'urgence *
du site de la Manufacture Nationale d'Armes de Saint-Etienne  

Monsieur le Ministre,

Nous souhaitons vous préciser les raisons de la demande citée en objet que nous avons cosignée avec l'association des Amis du Vieux Saint-Etienne et la Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France.

Jusqu'à ce jour, tant les représentants de la ville de Saint-Etienne que ceux de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Rhône-Alpes nous avaient toujours rassurés sur leur ferme intention de veiller à la conservation de l'intégrité du site (cf. lettres du 27/12/1990, 24/01/1991, 26/03/1997 et 8/02/2001).

Manufacture royale sous François Ier, puis manufacture impériale sous le second Empire, elle tient une place importante dans l ‘histoire manufacturière française et ne fait qu'un avec celle économique et sociale de Saint-Etienne.
Par ailleurs, elle est une forme de concrétisation de la cité idéale imaginée par l'architecte français Claude-Nicolas LEDOUX.

Mais au-delà de ces considérations, la prégnance qui se dégage de ce site cohérent et préservé constitue un atout de développement économique pour le Saint-Etienne d'aujourd'hui.

Sa castration serait-elle la seule solution pour la réalisation du Centre International du Design décidée par la municipalité ? Pas du tout !

En effet, il existe au moins 3 voies ouvertes à une réalisation fructueuse du Centre de Design.

1 Des réalisations exemplaires existent ailleurs : il est possible de réussir une synergie brillante entre un existant puissant et une nouvelle vocation

2 Les bâtiments du GIAT ont été démolis sur les 2/3 de la surface foncière. Pourquoi alors imposer au forceps un corps étranger sur ce tiers restant, accueillant le site historique ? Toute possibilité d'expression architecturale s'offre sur ce vaste foncier disponible et désormais dégagé.

3 Si, intellectuellement, il est possible d'argumenter l'insertion du thème du design sur un ancien site industriel, il est encore beaucoup plus aisé de justifier sa localisation en face du 2 ème musée d'Art Moderne de France.
Et là, à l'entrée même de l'agglomération, dans une situation d'extrême visibilité, les 17 ha disponibles permettent l'expression la plus libre pour une grande œuvre contemporaine : une Architecture-Signal.

Ainsi, notre association, agréée par la Préfecture au titre de l'urbanisme de Saint-Etienne et de l'environnement pour l'ensemble du département de la Loire, n'a pas vocation directe à militer pour la préservation du patrimoine mais à intervenir pour la valorisation de l'Image Extérieure du département et de sa ville-centre.

Vous l'avez compris, notre propos n'est pas d'engager une défense sourcilleuse de vieilles pierres (nous demandons de façon instante que soit réalisé sur la ville un geste architectural), mais de proposer de magnifier une Potentialité Majeure permettant d'offrir un Vecteur Permanent de Communication pour Saint-Etienne.

Le sacrifice de la manufacture d'Armes, comme celui d'Abraham, est un sacrifice inutile ; il n'est du reste pas demandé par le dieu de la Modernité.

Si, par malheur, les destructions prononcées venaient à être exécutées, le ministère devrait, pour ne pas les cautionner, supprimer le label de ville d'Art et d'Histoire à la ville de Saint-Etienne.

Recevez, Monsieur le Ministre, l'expression de notre parfaite considération.

Le Président
Marie-Eve MARET

  Le Délégué Général
Jacques STRIBICK

 

* Notre territoire connaît parfaitement les vertus du classement d'urgence, c'est cette procédure qui a sauvé les fondations de l'église LE CORBUSIER à Firminy menacée directement de démolition. Aujourd'hui, le classement de l'ensemble architectural LE CORBUSIER de Firminy par l'UNESCO est en bonne voie…

 

 

Par l'observatoire pour l'environnement et la nature « Open-Loire »

 

Monsieur Renaud Donnedieu de Vabres
Ministre la Culture
3 rue de Valois
75001 PARIS

Saint Étienne, le 23 Juin 2004

Objet : Classement de l'ancienne Manufacture d'Armes de St Etienne


Monsieur le Ministre,

Nous apprenons que plusieurs bâtiments de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne seraient bientôt rasés. Il s'agit des 2 bâtiments dit « des directeurs » et de 2 bâtiments administratifs de cet ensemble terminé en 1867. Il ne fait aucun doute que ce chef d'œuvre de l'architecture militaire doit être conservé. Il s'agit de bâtiments originaux dans l'unité urbaine stéphanoise, car réalisés en briques et pierres calcaires. Ils sont orientés vers 2 superbes jardins suspendus au-dessus de la grande rue stéphanoise et, vers une cour d'honneur agrémentée d'une grille remarquable et du bâtiment central dit «  de l'horloge ». Une partie des décorations intérieures a été réalisée par le cabinet du sculpteur qui accompagna l'œuvre du cabinet d'architecture Lamaizière.

Un dossier de classement d'une partie du site a été déposé dans vos services en 1997 par l'association Arco (16 rue Général Foy à St Etienne). Aujourd'hui, devant les menaces, nous nous joignons à cette association et vous demandons le classement d'urgence de l'ensemble encore en place des bâtiments de l'ancienne Manufacture d'Armes Stéphanoise.

Vous trouverez avec ce courrier, un CD de photos présentant les richesses esthétiques de ce patrimoine.

Confiant dans votre action et restant à votre entière disposition, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre plus haute considération.

P/o Open,
Olivier Longeon


Copie : Préfet de région, préfet de la Loire, Drac Rhône-Alpes.


OPEN – Observatoire Pour l'Environnement et la Nature
78 rue des docteurs Charcot – 42100 Saint Étienne

 

 

2.2 Aux élus de Saint-Etienne Métropole, de réexamen du projet.

Par les trois associations

 

Amis du Vieux Saint-Etienne
Hôtel de Villeneuve – 13 bis rue Gambetta 42000 St Etienne
Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France
Notre Dame de Grâce – 42170 Chambles
Association arco
16 rue du Général Foy 42000 St Etienne
(agréée au titre de l'environnement pour le département de la Loire)

 

 

Membres du bureau
de Saint-Etienne Métropole

 

Saint-Etienne, le 10 novembre 2004

 

Centre du Design / Manufacture Impériale d'Armes de Saint Etienne
Deux atouts de développement valent mieux qu'un

 

Madame, Monsieur,

L'intercommunalité est une grande idée, elle mérite réflexion et dialogue, nous nous permettons, vu les enjeux, de nous y inviter

En juin dernier, vous avez, comme membre de Saint Etienne Métropole, validé le projet architectural du Centre du Design et approuvé son implantation sur l'espace ouest de la Manufacture d'Armes de Saint Etienne, sans considération ou information de la valeur patrimoniale des jardins et bâtiments directoriaux du XIX siècle présents, qui explicitent ce site manufacturier urbain, mémoire sociale et industrielle de notre Métropole et sa cohérence dans la lecture architecturale de la ville distinguée par ailleurs du Label de Ville d'Art et d'Histoire.

En effet, le projet architectural dévoilé détruit ces éléments les plus marquants de la Manufacture et annihile sa cohérence d'entité bâtie, alors que l'espace spécifique du site (40 hectares) comme le génie espéré du projet devraient, au contraire, articuler dans une intelligente cohabitation architecturale la construction d'éléments modernes et magnifier l'ordonnancement martial, spécifique et emblématique de cet ensemble manufacturier, unique combinaison patrimoniale européenne d'un plan néoclassique et d'un tissu urbain de bâtiments industriels.

Nous vous proposons, par la présente, de repenser ce projet et de le fertiliser par un autre positionnement géographique.

Le projet actuel du Centre du Design le positionne à l'ouest du site de la Manufacture en façade de la rue Bergson sur l'axe nord sud de la Grand rue en fermeture de perspective face à la colline de Montaud. C'est un positionnement stéphano-stéphanois, sans aucune ouverture sur la métropole.

Ne peut-on pas plus positivement l'imaginer sur l'Est ?, sur les terrains nus du côté Boulevard Thiers avec une plus heureuse quadruple ouverture aux complémentarités 

 

•  du site ludique de la Plaine Achille (futur Zénith, espace sport et loisirs…),

•  de l'axe communiquant ferroviaire et autoroutier vers Lyon, (ouverture directe à l'A72 qui irrigue la métropole, axe économique Gier/Rhône et  Alpes)

•  de l'ouverture directe aux pôles industriels Optiques et vision, Technopole, de la zone industrielle nord est et demain de Métrotech (Saint Jean Bonnefonds)

•  et le nouveau quartier d'affaire et la Gare de Châteaucreux.

Cette proposition conforte une installation maintenue sur le site de la MAS donc  l'intervention d'Epora et l'attribution des fonds FEDER et autres cofinancements.

Ce positionnement intelligent, dans un projet de site exemplaire, distinguerait alors, sous votre autorité, le Design stéphanois dans la cohérence sociale et économique de son agglomération.

Enfin, cette solution permettrait alors la sauvegarde des bâtiments Ouest du site actuellement menacés par le projet architectural Lin (bâtiments des directeurs et administratifs) pour lesquels nous vous proposons une réutilisation en extension universitaire ou cité "Villa Médicis" du Design qui accueillerait sur des séjours variables des artistes ou étudiants chercheurs en design s'engageant dans la vie professionnelle, afin de leur permettre de mener à bien un projet dans un contexte culturel extrêmement enrichissant et en bénéficiant de conditions optimales. Un concours sélectif pourrait avoir lieu  dans le cadre des Biennales Internationales du Design et les séjours cofinancés par des partenariats publics et privés internationaux.

Vous comprendrez qu'il serait pour beaucoup d'entre nous (*) contradictoire de voir d'un côté l'excellente initiative de Saint-Etienne Métropole d'achèvement du site majeur Le Corbusier de Firminy et d'un autre côté la désastreuse initiative de Saint-Etienne Métropole démolissant le site majeur de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne.

Cette destruction, absolument sans justification, provoquera la disparition d'un atout de communication extérieure et touristique dont Loire Sud a un vital besoin.

Cité moderne à Firminy et cité industrielle idéale à Saint-Etienne sont magnifiquement complémentaires pour créer une synergie d'appel du public européen.

La mise en présentation de la Manufacture Impériale, véritable dépaysement historique et culturel avec ses hôtels particuliers, ses pavillons administratifs, l'architecture classique de ses ateliers de production, son réseau de galeries souterraines, ses jardins à l'anglaise, ses rues et ses places, ferait d'elle un Puy du Fou, un Arc et Senans pour le Second Empire.

Cette lettre vous est adressée afin de prendre date par rapport à l'histoire naissante de Saint-Etienne Métropole, afin que ne puisse être dit que ses responsables n'ont pas été prévenus en temps utile, afin que l'on sache que la société civile a rempli son rôle.

Nous restons bien entendu à votre disposition pour en discuter et enrichir votre opinion au profit du développement partagé de notre agglomération.

 

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, l'assurance de notre plus parfaite considération.

 

 

Pierre TROTON
Président des Amis du Vieux Saint-Etienne
Expert près la Commission Européenne
DG Education et Culture

Jacques STRIBICK
Délégué Général d'ARCO
Membre de la Commission
Départementale des Objets Mobiliers

Franck MAUREL-SEGALA
Délégué départemental de S.P.P.E.F.
Membre de la Commission Départementale
des Sites, Perspectives et Paysages

 

 

(*) P.S. : ouverte en plein été, la pétition pour sauver la Manufacture Impériale a déjà recueilli plus de
2600 signatures à ce jour, parmi elles les présidents des principales branches économiques du département.

 

 

Par LA FAPI (Fédération des Associations Patrimoniales de l'Isére)

 

 

M. Michel THIOLLIERE
Sénateur-maire
Hôtel de Ville
Place de l'Hôtel de Ville
42000 – SAINT-ETIENNE

 

Le 01 février 2005

 

Monsieur le Sénateur-maire,

Informés du projet d'aménagement du site de la Manufacture d'armes de Saint-Etienne, nous avons participé à la conférence de presse organisée le mardi 25 janvier 2005 sur ce sujet.

La FAPI, qui fédère 70 associations de patrimoine de l'Isère et rassemble ainsi 8000 isérois défenseurs de leur patrimoine, adhère au désir de sauvegarde de ce site qui revêt un intérêt régional et même national par son histoire et sa grande qualité architecturale.

Conscients de l'enjeu économique qu'un tel projet représente pour l'avenir de votre ville, nous avons été particulièrement intéressés par le projet de M. Pierre TROTTON, président des Amis du Vieux Saint-Etienne, qui prend en compte la sauvegarde du patrimoine exceptionnel que constitue le site de la Manufacture et le développement économique de Saint-Etienne.

Nous souhaitons que le groupe de travail qui réfléchit sur les projets d'aménagement pourra étudier sérieusement la proposition de M. Trotton, car le site de la Manufacture ne gardera son intérêt et sa cohérence qu'à condition d'être conservé dans son intégralité.

En espérant que notre courrier retiendra toute votre attention, veuillez agréer, Monsieur le Sénateur-maire, l'expression de nos sentiments distingués.

 

 

Geneviève DUMOLARD-MURIENNE
Président de la FAPI

 

P.J. Copie de la lettre à M. Lacroix, Préfet de Région

 

2.3 Au Préfet de Région, d'inscription à l'ordre du jour de la C.R.P.S.

 

Monsieur Jean-Pierre LACROIX
Préfet de la région Rhône-Alpes
Préfecture du Rhône
106 rue Pierre Corneille
69003 LYON


 

Nos réf. : MEM/JS/321

RECOMMANDÉ A.R.

Manufacture Impériale de Saint-Etienne
Nouvelle demande de saisine
de la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites (C.R.P.S.)

 

Saint-Etienne, le 22 novembre 2004

Monsieur le Préfet,

A la suite de notre courrier du 28 septembre 2004, nous avons l'honneur de devoir attirer à nouveau votre attention sur la situation actuelle de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne.

En effet, nous avons été déçus mais surtout particulièrement surpris d'apprendre que n'avait pas été portée à l'ordre du jour de la C.R.P.S. de novembre la question de la protection de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne.

Du reste, nous avions formulé cette demande à titre de simple précaution, et dans notre esprit comme presque superfétatoire, tant la D.R.A.C. nous avait assuré par ses positions antérieures que, naturellement, elle diligenterait elle-même cette mise à l'ordre du jour.

Est-il nécessaire de rappeler les courriers que nous avons reçus ?
tel le 26 mars 1997, sous la signature du Conservateur Régional des Monuments Historiques, Monsieur F. HENRIOT:
« L'intention de mon service a déjà été attiré sur le devenir de ce site important, représentatif de l'histoire industrielle de la ville. Sa possible désaffection poserait, de façon aiguë, le problème de la conservation et de la réutilisation d'un ensemble architectural très imposant. Mon service étudiera votre demande avec attention et je ne manquerai pas de vous tenir informés dès que des éléments nouveaux permettront de préciser les projets de protection ou encore le 8 février 2001, sous la signature de la Conservatrice Régionale des Monuments Historiques, Mme Elise BOUCHARLAT :
«   A la suite de votre première demande en 1997, des contacts avaient été pris par mon service avec la direction de l'usine (GIAT Industries) pour les informer de l'ouverture d'une procédure de protection et leur demander l'autorisation de visiter les lieux. Les contacts avaient été infructueux (aucune réponse au courrier envoyé de la D.R.A.C.). La protection de ce site pourrait être envisagée lors d'une séance thématique de la C.R.P.S. sur le patrimoine de la ville de Saint-Etienne »

Comme il est constant que le site, démilitarisé depuis 3 ans, est parfaitement accessible, que comme nos propres associations, la D.R.A.C. n'a pas manqué de constituer un dossier d'appréciation historique, sociologique et architectural et de présentation scripturale et photographique, tous les éléments de présentation du dossier en C.R.P.S. sont rassemblés.

Bien entendu, est-il nécessaire de le répéter, nos associations ne demandent pas la conservation de tel pavillon, telle grille ou autre horloge, nous avons pris depuis longtemps la mesure, comme la D.R.A.C. elle-même, de ce que la Manufacture Impériale de Saint-Etienne est unique en France par son ordonnancement, son intégrité et sa complexité architecturale, fonctionnelle et urbaine ; expression, sous le Second Empire, de la cité industrielle idéale.Faut-il citer ses rues, ses places, ses jardins, ses bâtiments d'habitation, d'administration et de production, son monde de galeries souterraines, le tout dans un état exceptionnel de conservation.

Y aurait-il un obstacle lié à la réalisation du projet d'un Centre du Design ?

En aucun cas, car il existe au moins trois excellentes solutions pour le développement de ce projet ne remettant pas en cause l'intégrité du site majeur de la Manufacture

- le grand architecte français Rudy RICCIOTI propose de se glisser dans la peau des édifices dans une démarche proche de celle de la pyramide du Louvre

- le projet de l'agence berlinoise LIN, retenu par le jury, peut judicieusement être positionné sur les vastes terrains libérés par la destruction des bâtiments du GIAT (et singulièrement le long du boulevard Thiers ouvert sur les zones de développement de la ville et de Saint-Etienne Métropole)

- une Architecture-Signal s'établirait magnifiquement sur le site d'extrême visibilité de la Doa, à l'entrée de la métropole stéphanoise, devant le musée d'art moderne.

Ainsi, non seulement la conservation et la mise en interprétation de la Manufacture Impériale ne gêne en rien la réalisation du Centre du Design mais, au contraire, elle y apporte l'enrichissement d'un voisinage d'un exceptionnel intérêt.

Y aurait-il un risque de déshérence ?
Surtout pas, c'est le trop plein qui menace !
Outre les activités liées au Centre du Design, celles existantes et en développement d'EDIACAT, les industriels, les entreprises de services, souhaitent s'installer dans ces grands espaces sans poteau, tout comme en rêvent les institutions culturelles ou les établissements d'enseignement.
Bien d'autres usages existent pour les pavillons entourant les places publiques : villa Médicis du design, centre d'interprétation du site, hôtellerie de charme, etc...

La protection est donc bien le cadre adapté à la pleine expression des atouts locaux, métropolitains et régionaux.
Des évocations vers des solutions de type Z. P. P.A. U. P. ou l'expression de préoccupation en matière de restauration ne correspondent ni à l'état du dossier, ni à celui des lieux; elles ne pourraient apparaître que pour ce qu'elles sont: des entreprises de diversion.

La mission de Saint-Etienne Métropole est de chercher des éléments nouveaux de développement pour son territoire ; la D.R.A.C accomplit la sienne en désignant les édifices qui doivent être culturellement respectés.

C'est pourquoi nous demandons de plus fort que soit inscrite à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la C.R.P.S. en janvier prochain, l'inscription à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne, dans son ensemble.

 

En vous remerciant pour votre attention, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Préfet, l'assurance de notre entière considération.

Le Président
Marie-Eve MAIRET

Le Délégué Général
Jacques STRIBICK

 

2.4 Au Directeur de l'architecture et du patrimoine

2.5 Au Président du Conseil régional

 


Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France
Notre Dame de Grâce – 42170 Chambles
Association arco
16 rue du Général Foy 42000 St Etienne
(agréée au titre de l'environnement pour le département de la Loire)

 

 

Monsieur Jean-Jack QUEYRANNE Président du Conseil Régional Rhône-Alpes
78 route de Paris – B.P. 19
69751 Charbonnières-les-Bains Cedex

 

Saint-Etienne, le 1er mars 2005

 

Manufacture Impériale d'armes de Saint-Etienne / Cité du design
La région crée le malentendu

 

 

Monsieur le Président,

La méthode utilisée lors de la séance du 18 février 2005 a abouti à travestir et marginaliser l'analyse et l'action de nos associations, ce qui nous a profondément choqués, mais aussi de nombreux groupes sociaux et d'ignorer l'opinion citoyenne stéphanoise sur la question double Manufacture Impériale / Cité du design.

Nous osons espérer que votre tactique découle d'une information sur le sujet qui vous a été ou mal ou pas fournie.

Si la région est à l'écoute des associations, comme elle l'annonce fortement, cette lettre a pour but de vous faire connaître notre réelle position.
1/ Nous considérons que l'idée municipale de mettre en œuvre un pôle de design à Saint-Etienne est potentiellement porteuse de développement pour la ville et sa métropole
2/ Les stéphanois, dans leur ensemble, sans avoir une hostilité quelconque à cet égard, perçoivent mal ses possibles retombées et y sont globalement indifférents
3/ Potentialité certes, encore faut-il que cette idée ne soit pas sabordée dans sa mise en œuvre et bénéficie d'un véritable contenu

L'idée ne soit pas sabordée dans sa mise en œuvre
Qui peut croire que l'on peut porter une initiative vers la réussite en l'installant en opposition radicale avec le sentiment de la population qu'elle est censée servir ?
sans comprendre ce qu'est la « MANU » pour les Stéphanois :
•  pendant près de 140 ans, une moyenne de 10 000 ouvriers ont travaillé dans cette manufacture : presque toutes les familles stéphanoises ont eu un membre qui en a fait partie et en était fier, travailler à la MANU constituait une reconnaissance et une promotion sociale
•  dans l'esprit stéphanois, on ne détruit pas de beaux bâtiments en excellent état pour en construire d'autres
•  l'ensemble place d'armes /cour d'honneur encadré des jardins suspendus et des pavillons administratifs constitue l'une des trois plus belles places de Saint-Etienne, la mieux ordonnée, la plus séduisante perspective
•  c'est le seul monument important de la ville.

Bénéficier d'un véritable contenu
Définir l'enveloppe architecturale est une chose, lui donner une signification par son contenu en est une autre.
Pour ce faire, il conviendra que des contacts, et surtout des accords, soient pris avec les structures d'enseignement, celles économiques et les instances de design déjà en place régionalement, au niveau national et au-delà.

Pour l'instant, rien n'est acquis dans ces 3 domaines. Le positionnement conceptuel de ce projet n'est pas assuré.

4/ Saint-Etienne est une ville fragile, elle a besoin d'optimiser tous ses atouts,
elle n'a pas les moyens de s'offrir la destruction de son unique monument d'intérêt national. Une telle perspective accentuerait l'handicap structurel de Saint-Etienne, désactiverait l'intérêt touristique du site LE CORBUSIER, réduirait la portée de la Cité du design.

Saint-Etienne est une ville fragile
- le seul handicap structurel de Saint-Etienne est son Image Extérieure négative :
un sondage SOFRES indique que 0 % des cadres français souhaite être muté à Saint-Etienne.
Or, la présence de la partie originelle et historique de cet ensemble architectural, par sa cohérence et sa force de signification, constitue potentiellement, en tant qu'objet global de communication, un atout économique majeur pour Saint-Etienne

Désactiverait l'intérêt touristique du site LE CORBUSIER
- le site LE CORBUSIER restera un monument solitaire, sans retombée économique, s'il n'est pas accompagné d'une autre offre attractive (cf. église LE CORBUSIER de Ronchamp en Haute-Saône)
A l'inverse, site LE CORBUSIER + Manufacture Impériale donneraient à Loire Sud une vocation à devenir une Destination Touristique (le département de la Loire est la lanterne rouge du tourisme en Rhône-Alpes)

Réduirait la portée de la Cité du design
- l'équivalent au XVIII ème siècle de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne est la saline royale d'Arc-et-Senans.
Ce site reçoit en moyenne 150 000 visiteurs. On imagine l'appui que pourra apporter à la fréquentation des expositions de la Cité du design, le voisinage d'un monument attractif pour le grand public.

5/ Nos associations sont des « alliés objectifs » dans la réussite de ce projet en éclairant la municipalité sur l'état de l'opinion publique par rapport aux destructions envisagées,
en faisant accréditer l'idée de Centre du design par les Stéphanois,
en proposant une solution alternative qui enrichit fortement le projet.

En l'éclairant sur l'état de l'opinion publique
- 5000 signatures largement dépassées, c'est autant que les Niçois pour sauver leur gare Sud et, en considération des populations respectives, 2 fois mieux qu'eux
- la consultation opérée par nos soins du 15/11 au 15/12/2004 sur un panel représentatif de la population stéphanoise indique que seuls 4 % des Stéphanois acceptent les démolitions, 71,20 % opposés

En faisant accréditer l'idée de Centre du design par les Stéphanois
- par notre action, nous avons pu leur faire écrire à Michel THIOLLIERE, sénateur-maire «  Comme vous, nous souhaitons que Saint-Etienne se dynamise. Comme vous, nous espérons que le Centre du design puisse y participer  »
Plusieurs centaines de lettres lui sont parvenues avec ce texte.

En proposant une solution alternative qui enrichit fortement le projet
Le  projet actuel  de la « Cité du Design » la positionne à l'ouest du site de la Manufacture Impériale d'armes en façade de la rue Bergson sur l'axe nord sud de la Grand'rue en fermeture de perspective face à la colline de Montaud (sans recul). C'est une localisation sans aucune ouverture sur la métropole.     

Ne peut-on pas plus positivement placer la « Platine » de l'architecte Finn GEIPEL sur
les terrains nus côté Boulevard Thiers, soleil levant, dominant la Plaine Achille, avec une plus heureuse ouverture aux synergies complémentaires 
-       de l'ouverture directe aux pôles industriels et universitaires Optiques et vision, Technopole, de la zone industrielle nord est et demain de  Métrotech (Saint Jean Bonnefonds) dans le cadre d'une réelle et directe ouverture économique
-       du site ludique de la Plaine Achille (futur Zénith, espace sport et loisirs, palais des spectacles, bowling, piscine, patinoire, parc d'exposition,…) associé à une plaine paysagée « poumon vert » ou « Central Parc » de l'agglomération en devenir
-      du nouveau quartier d'affaires et la Gare multimodale de Châteaucreux
-       des axes communicants autoroutiers vers Clermont et Lyon (ouverture directe à l'A72 qui irrigue la métropole, axe économique Gier/Rhône et  Alpes Europe) et ferroviaire vers Andrézieux-Bouthéon (plaine urbaine du Forez) et Châteaucreux puis Lyon (métropole régionale.

Par ailleurs, depuis mars 1997, nous avons sollicité de la DRAC l'examen de la protection de la Manufacture Impériale, à la même époque, celle-ci nous a confirmé l'intérêt du site et nous a renouvelé qu'elle avait ouvert une procédure de protection en 2001.
Dans ces conditions, il paraît nécessaire que la région, avant d'engager son financement, obtienne l'avis de la structure compétente, la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites, pour dire si l'ensemble architectural de la Manufacture Impériale présente un intérêt patrimonial.

Nous avons tenus, une nouvelle fois, et de façon détaillée, à vous apporter des informations pour que vous n'ignoriez pas dans quel contexte le Conseil régional entend procéder au soutien du projet dans son état critiquable actuel.

Pour ce qui est des prises de position des personnes :
Certes, Mme Anne-Marie COMPARINI ne portait pas la démocratie participative en sautoir ; toutefois, dans le cadre du Forum « Imaginons Rhône-Alpes 2020 » et lors de son passage à Saint-Etienne, alors que l'association arco avait formulé 3 propositions dont l'achèvement du site LE CORBUSIER et la réalisation d'un Signal Architectural Majeur pour un Centre National du Design, elle avait, en conclusion, exprimé sa joie qu'ait surgit de cette assemblée une idée forte, une grande idée favorable au territoire, celle de l'achèvement du site Le Corbusier.
Par la suite, effectivement, la région a été une des chevilles ouvrières de ce projet.

Pour revenir au Centre de design et pour conclure ;
la position de la région peut légitimement être réexaminée car il y a novation : lorsque la région a décidé de soutenir le Centre de design stéphanois, il n'était pas question de démolir la Manufacture Impériale ; elle s'honorerait en prenant en compte l'émotion populaire.

Dans ces attentes, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de notre parfaite considération.

 

Franck MAUREL-SEGALA
Délégué départemental de S.P.P.E.F.
Membre de la Commission Départementale
des Sites, Perspectives et Paysages

 

Jacques STRIBICK
Délégué Général d'ARCO
Membre de la Commission
Départementale des Objets Mobiliers

 

 

Réponse de Mr Queyranne ( Président du Conseil régional )

 

 

2.6 Compte rendu du rendez-vous.

 

Manufacture Impériale de Saint-Etienne

Compte rendu du rendez-vous à la DRAC le 7/12/2004

Présents :

DRAC :  
- M. Richard LAGRANGE
- un collaborateur
Directeur régional des Affaires Culturelles
Associations :  

- Pierre TROTON
- Jacques STRIBICK

Président des Amis du Vieux Saint-Etienne
Délégué Général arco

 

 

La première question posée à M. LAGRANGE par les associations est :
«  Avez-vous prévu d'inscrire à l'ordre du jour de la prochaine C.R.P.S. la question de la protection de la Manufacture Impériale de Saint-Etienne ?  »

M. LAGRANGE répond :

 

qu'il ne l'a pas prévu, actuellement, car il n'a pas senti de façon notable un mouvement populaire en faveur de la sauvegarde de la Manufacture,

qu'il n'y a pas eu de demande explicite du propriétaire et des collectivités en direction d'une protection,

que ce n'est pas lorsqu'un concours d'architecture est arrêté que l'on peut se poser la question de la protection d'un monument,

que celui-ci n'était pas repéré préalablement par ses services,

que la C.R.P.S. n'est pas définie comme un groupe expert,

que l'Etat soutient financièrement le Centre du Design.

Les associations ont répondu :

 

 

qu'elles ne pensaient pas que seule la ferveur populaire devait permettre aux monuments intéressants d'être sauvegardés, qu'à contrario, cette ferveur populaire pouvait être mal orientée comme dans le cas de la demande de conservation de la maison de Serge GAINSBOURG et que du reste, en l'occurrence, dès l'information portée à leur connaissance, c'est-à-dire exactement en juillet 2004, les associations avaient engagé les actions nécessaires et notamment, courant août, une pétition qui, à ce jour, a tout de même recueilli plus de 3000 signatures.
Que d'ores et déjà, la presse nationale s'est exprimée tant sur l'intérêt de la Manufacture Impériale que sur la nature du projet architectural (Libération, l'Express, Le Monde)
Que de plus, un déplacement d'ensemble de tous les journalistes nationaux (presse généraliste et presse spécialisée) concernés par la notion de patrimoine était en train de se mettre en place.

qu'à leur connaissance, les collectivités n'avaient pas manifesté une opposition officielle à la protection de l'ensemble,

Que la DRAC, fort opportunément et en temps utile, avait parfaitement manifesté auprès des associations «  l'intérêt qu'elle portait sur le devenir de ce site important représentatif de l'histoire de la ville  » et qu'elle avait ouvert «  une procédure de protection  »

qu'à leurs yeux précisément la C.R.P.S. avait comme vocation de dire tout ce qui méritait protection et ce qui ne le méritait pas.

Qu'enfin, le fait de l'intervention financière de l'Etat n'exonère pas, tout au contraire, ses services de recueillir l'avis autorisé.

M. LAGRANGE précise qu'il existe à la DRAC 800 dossiers de protection ouverts ce qui ne signifie pas que tous vont aboutir et qu'actuellement, il y avait 2000 monuments protégés en Rhône-Alpes.

Les associations interrogent M. LAGRANGE sur le point de savoir si, parmi ses 2000 monuments, il existe un ensemble monumental Second Empire.

M. LAGRANGE n'a pas de réponse à cette question.

Les représentants des associations indiquent à M. LAGRANGE que, lors de nos nombreux contacts avec les collectivités, celles-ci nous objectent systématiquement que ce n'est pas à elles à apprécier si un monument doit être conservé et qu'actuellement les instances compétentes ne leur ont donné aucune indication à ce sujet.

M. LAGRANGE estime que ce type de position est une manière facile de se dédouaner de ses propres responsabilités, que les collectivités ont parfaitement connaissance de l'intérêt du monument.

Les associations interrogent, sans réponse, pour savoir sous quelle forme les collectivités ont pu être informées de cet intérêt.

Les associations informent M. LAGRANGE que, dans le cadre des contacts pris au hasard auprès des Stéphanois, elles observent qu'actuellement encore un grand nombre ne sont pas informés du risque encouru par la Manufacture Impériale de Saint-Etienne.

Que si, par malheur, la Manufacture Impériale devait être décapitée, il faut s'attendre à un mouvement d'opinion et les responsabilités seront recherchées.

Les représentants des collectivités ne manqueront pas alors de dire qu'ils ont sollicité l'avis de la DRAC et que celle-ci leur a donné carte blanche.

M. LAGRANGE indique qu'au fond ce qui est important, c'est de porter un regard attentif sur les bâtiments arrière, très intéressants.

Les associations lui indiquent que, le même mécanisme actuellement en cours pour les bâtiments avant, se reproduira sans doute pour les bâtiments arrière, que surtout dès l'instant où l'on laisse détruire la partie en relation directe avec l'urbanisation de la ville, porter attention à ce qui aura perdu sa cohérence et sa lisibilité reviendra à la célébration d'un corps mort, que les associations ne se prêteront pas à ce type d'exercice.

M. LAGRANGE indique également que l'architecture est une chose mais que le plus important est d'engager un travail universitaire sur la mémoire économique et sociale de la Manufacture.

M. TROTON répond que c'est la vocation même des Amis du Vieux Saint-Etienne, que son association travaille en permanence avec les universitaires et que ce travail existe.

M. LAGRANGE conclut la réunion en indiquant qu'il ne manquera pas de faire remonter auprès de ses supérieurs hiérarchiques, M. le Préfet de Région et M. le Ministre, la nature de cet entretien.

 

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