6. L ‘architecture Second Empire

«  Lorsque Louis-Napoléon proclama le Second Empire le 2 décembre 1852, bon nombre étaient morts de ceux qui avaient appartenu au groupe d'architectes néoclassiques.

La place était à présent occupée par une nouvelle génération d'architectes et de théoriciens qui se proclamaient « romantiques ».
Le romantisme apparut dans l'architecture officielle française sous la forme d'un rationalisme aux divers aspects. L'architecture était conçue comme le produit nécessaire de certains faits, le contraire de la matérialisation dans la pierre de fictions allégoriques traditionnelles.
On pouvait prendre pour faits les formes d'architecture du passé, et tirer un style nouveau, français et du XIXème siècle, d'une combinaison expressive de ces formes. On pouvait aussi accepter comme faits les impératifs de la construction matérielle – voir l'édifice comme une sorte d'organisme vertébré – et permettre un nouveau style architectural français du XIXème de s'imposer en construisant avec des matériaux modernes (le fer en particulier) et suivant des calculs mathématiques modernes.

Le rationalisme romantique, même si ses principes étaient admirables et ses formes décoratives frappantes, était trop cérébral. Napoléon III devait obtenir l'adhésion de toute une nation et la remodeler : il fallait que ses gestes d'empereur soient imposants, rapides, fastueux et immédiatement compréhensibles.
Or le rationalisme romantique était compliqué et laborieux.
Il était entendu, depuis le XVIIIème siècle, que la création architecturale consistait, avant tout, à montrer des tableaux significatifs en une succession soigneusement réglée.
Une génération encore plus jeune de créateurs entra en scène, apportant un style moins cérébral – certains dirent simplement : plus populaire – un style riche et souple qui fit du Paris de la IIIème République la capitale mondiale de l'architecture, et de l'Ecole des Beaux-Arts, l'école mondiale d'architecture.

Romantique ou éclectique, quoi qu'il en soit, le Second Empire fut une période brillante de l'architecture française »

Extrait de l'ouvrage « L'art en France sous le Second Empire»

A la Manufacture Nationale d'Armes de Saint-Etienne, la digne théâtralité de l'avant-scène, la composition en procession de ses rues et places intérieures participent également des écoles romantiques et éclectiques.
Ainsi, cet ensemble monumental nous apparaît à la fois comme une méditation sur la forme significative et le moyen de faire de l'architecture, avec le monde de richesses et d'industries du Second Empire, le miroir des vanités.

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