Place de l'Hôtel de Ville / Pergola

 

3. Places de l’Hôtel de Ville et Pierre-Frédéric DORIAN
et la montagne accoucha d’une étrange souris…

D’abord une question :
Pourquoi la rénovation de la Place de l’Hôtel de Ville, qui n’était pas inscrite dans l’engagement municipal, est-elle devenue prioritaire sur la réalisation de la Place des Ursules ou la rénovation de la Bourse du Travail, qui, elles, étaient explicitement prévues ?

Sur le constat.
L’éclairage hétéroclite.
Pour la Place de l’Hôtel de Ville nous sommes en présence d’une multiplication des points lumineux à la fois en nature et en nombre.
En effet,
côté Ouest a été installée une inquiétante rangée de potences,
au Sud se dressent deux candélabres aiguilles forts élégants,
et à l’Est se multiplient les lampadaires glorieusement dénommés « Les mats ». Il en est annoncé 27.
Dans cette accumulation, nous saluons une thématique identitaire : « Usinage, Fraisage et Tôlerie ». 

Pour ces « mats » on peut ajouter deux commentaires :
1. Ce type de poutrelles en I, dit IPN, a été utilisé comme poteaux des caténaires Avenue de la Libération,
la vraie question n’est pas celle de l’esthétique de ces éléments mais le lieu où ils sont implantés.
2. La localisation de cette masse métallique sur le sol côté Est a comme objectif de casser la symétrie de la Place.
Finalement qui va contester, dévaluer l’autre ? 
La prestance « néoclassique » de DALGABIO, qui traversera les siècles, ou le « brutalisme » ferro-rustique d’OBRAS, à la mode dans les années 50 ?
C’est, au fond, la même question que posent la tour et la platine de GEIPEL, à la Manufacture Impériale d’Armes.

Pour la Place Dorian on observe de discrètes et curieuses suspensions en verre qui peinent à justifier le maintien des pylônes en béton de l’ancienne gare de bus.

Les périlleuses marches.
Pour le reste, cette marée grise de béton désactivé se fait prégnante.

La variation systématique de niveaux de sol est à la fois factice et dangereuse.
Pour un maire principalement préoccupé de fonctionnel : « L’allègement de la circulation, l’optimisation du stationnement,
le retour des bus en centre ville, le béton désactivé et confortable 
», c’est raté.
Maintenant, les stéphanoises et les stéphanois sont les proies de pièges permanents d’un aménagement accidentogène.

En ce qui concerne les assises, autant les blocs en pierre sont de belles proportions, autant les petits bancs qui les coiffent sont saugrenus.

Une feuille-fontaine.
La fontaine est totalement nouvelle, certains pourront regretter la Coupole d’eau antérieure, à l’intérieur de laquelle les enfants se faisaient une joie de courir.
En fait, les stéphanois l’appréciaient.
Leur rappelait-elle inconsciemment celle de pierre, disparue de la toiture de l’Hôtel de Ville ?

Ceci dit, on ne peut nier que cette feuille de métal soit une création à part entière.
Souhaitons que sa hauteur, à niveau d’entrejambes, ne vienne pas palier le manque récurant de toilettes gratuites.

On nous informe par ailleurs, que ce bassin symbolise une feuille végétale.
Bien;
mais alors, que symbolise cette feuille végétale pour Saint-Etienne en général et la Place de l’Hôtel de Ville en particulier ?
Cinq tonnes pour une feuille en inox, est-ce la manière que le Maire a trouvée pour notifier aux associations citoyennes qu’il restera, lourdement, «dur de la feuille» à leurs explications ?

Pour le contre sens.
Les rythmes, les formes et les matières, ont été conçues en dehors de toutes références à la spécificité et à la qualité de ces places.
En dehors, et même contre les rythmes, les formes et les décors des façades qui constituent l’esprit du lieu !

Dans le même sens, et contrairement à tout ce qui se fait en Lyon et en Navarre, pour les places caractéristiques des villes, aucun éclairage architectural n’est prévu.

Le maître d’œuvre, délibérément, est passé à côté du sujet, le maître d’ouvrage l’a laissé faire.

Pour l’occasion manquée,
Mais surtout, alors que nous avons pointé le recul que ces aménagements ont apporté aux places, nous ne voyons aucune valeur ajoutée.
Telles que l’auraient été :
- pour la place Dorian, une sculpture ou groupe sculptural à la fois d’expression contemporaine et en référence avec l’un des grands usages de cette place
- pour la place de l’Hôtel de Ville, un geste fort de design architectural, pouvant, par son extrême modernité, provoquer un dialogue stimulant avec le contexte néoclassique, tout en offrant un usage nouveau et attractif.
Comme cela a été réussi par Norman FOSTER au Reichstag.

Mais le comble du comble, la bourde des bourdes, serait, si cette niaise intention était confirmée, que la date d’inauguration de ce saccage contextuel soit programmée à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine les 15-16 septembre.

Un comble, et tout autant la confirmation que les élus actuels n’auraient rien compris à la spécificité de la composition urbaine,  à la singularité des places centrales sur lesquelles ils sont intervenus.

Ils ne l’ont jamais réalisé et, même aujourd’hui, ne prendraient-ils pas conscience que ces aménagements constituaient un placage incongru et dépréciant sur ces deux lieux emblématiques de Saint-Etienne ?

 


Le 16/07/13

 

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