URSULES :
LE PROJET ARCO

le casse-tête du stationnement
et autres tracasseries piétonnières

Sur le stationnement
D’une part, tout le monde comprend qu’en ajoutant sur le site des logements des commerces et des bureaux, tout en retranchant 400 places, les difficultés de stationnement seront aggravées.
D’autre part, les parkings du Palais de justice, de Chavanelle, ou peut être d’Albert Thomas restent, vis-à-vis de la contraction du périmètre commercial stéphanois, situés à la périphérie de l’Hyper-Centre.

Alors que faire ?
Prenons l’exemple lyonnais, où tout de même les contraintes de stationnement et du flux automobile sont également impérieuses.
Que ce soit pour le parking « République » ou pour le parking « Opéra », le principe est le même : les voitures y rentrent le long du boulevard urbain, constitué ici par le Quai de Rhône, et les piétons ressortent en Hyper-Centre piétonnier.
De façon plus décisive encore, le même principe peut être utilisé à Saint-Etienne.
Ce serait le parking « Libération », de la Place Jean Moulin à la Rue du Grand Moulin. Les voitures y accèdent à partir du boulevard urbain rue Etienne Mimard prennent la rampe le long du Lycée Claude Fauriel, les piétons peuvent sortir rue Traversière, square Massenet / rue Saint Jean, square Violette, rue des Martyrs de Vingré, rue Michelet. Le nombre de place serait de 400 à 500 suivant le nombre de niveaux choisis.

Ainsi on ferait d’une pierre 5 coups :
à Obtenir la relance de l’attractivité résidentielle notamment pour les grands appartements des immeubles anciens, riverains ou proches.
à On apporte une solution au développement de la zone commerciale piétonnière de l’Hyper-Centre.
à On résoud la difficile équation : Tenir les voitures en périphérie et amener les piétons en cœur de ville.
à Enfin, au lieu de concentrer le stationnement en limite du périmètre commercial, comme c’est le cas aux Ursules,
on rééquilibre l’offre avec une implantation centrale.
à Mais surtout, on ramène aux commerces la clientèle des extérieurs avec une possibilité de stationnement lisible et aisée, que ce soient les venants de la Plaine du Forez (A72) par la rue de la Montat, les venants de Lyon (A47) par la même rue de la Montat, ou les venants de la Haute-Loire (A47) / par le Cours Fauriel, épargnant ainsi aux visiteurs automobilistes le labyrinthe dissuasif du parcours stéphanois.

Pendant les travaux, les transports en commun Peuple / Châteaucreux peuvent être assurés par une navette continue de minibus électriques empruntant les voix du tram, hors le périmètre du chantier.

Les commerçants riverains, peu nombreux actuellement, devront être justement indemnisés du préjudice.

Sur les aménagements passés ou actuels
Qu’en est-il aujourd’hui du bonheur de flâner en centre ville pour le piéton ?
Les aménagements successifs lui ont offert les pavés-savonnettes de la période THIOLLIERE et maintenant les trottoirs-croche-pieds de la période VINCENT. Certes après l’épisode brutal des façades jaune/orange on voit apparaître, ici ou là, des restaurations permettant de retrouver la qualité de l’architecture stéphanoise, cela est encore timide, alors que le traitement au sol par le béton désactivé est presque systématiquement utilisé.

On attend beaucoup mieux que ces précédents errements aux Ursules.

Sur le potentiel du site
Avec la charmante place Waldeck Rousseau aujourd’hui endormie, les Halles style Baltard, les immeubles raffinés du Cours Victor Hugo et surtout, surtout La Colline inspirée, le grand escalier, la rocaille, le bel immeuble de style classique pierres et briques à arcades de l’ancienne école des Beaux Arts. Le potentiel architectural et urbain est exceptionnel.

Après l’attendu disparition du parking blockhaus, il s’agit de recomposer la place.

L’erreur à éviter, et c’est cela qui est envisagé, est d’installer un couloir, un vestibule commercial s’étirant de la Place du Peuple aux Halles. Certes, il serait commercial mais sans clients.
En effet ceux-ci se voyant offrir la même ambiance que dans un classique centre commercial, mais avec les contraintes de ce quartier, continueront de préférer le commerce de périphérie.

L’option de la poursuite de la Rue Beaufils cumule les inconvénients. Premièrement elle consacre définitivement la rupture entre le secteur piétonnier et l’école des Beaux Arts, son escalier et ses jardins, deuxièmement elle prétend envoyer les semi-remorques nécessaires à l’approvisionnement des moyennes surfaces commerciales dans la rue du théâtre !

En ce qui concerne les constructions, leur disposition en oblique envisagée au Nord est tout aussi injustifiée.
D’une part elle transformerait la place des Ursules en simple passage, d’autre part elle communiquerait l’esprit « plateforme d’aiguillage » de la Place du Peuple à l’ensemble de l’espace.

On a peine à imaginer que le grand cabinet d’architectes REICHEN & ROBERT ait pu commettre un tel dessin sans qu’on lui ait fortement tordu le poignet.

Sur des propositions
La formule est simple :
On attirera des clients dans le secteur des Ursules, non parce qu’on y mettra des surfaces de commerces supplémentaires, mais parce que le charme du lieu en fera la destination d’une balade piétonnière.

Pour cela, le Cours Victor Hugo doit rester l’articulation naturelle de l’espace, la Rue Ronsard re-calibrée et traitée en galerie marchande avec de larges trottoirs ; dans sa partie supérieure une placette est installée autour de l’échauguette du jardin des Beaux Arts permettant l’articulation piétonnière entre d’une part le secteur ancien de la ville Place Boivin / Rue de la Ville et d’autre part l’accès à la partie Ouest de la future place des Ursules.

De plus, à l’emplacement des anciens « pêcheurs réunis » une autre placette permettra de créer l’articulation avec les rues piétonnes Saint François, Saint Pierre par une impasse des Furettes transformée en passage des Furettes.

Pour ce qui est de la place elle-même l’escalier et la rocaille du jardin de l’école des Beaux Arts descendent comme précédemment jusque la place elle-même. La cascade et le bassin à ses pieds étant rétablis.
Les arcades qui constituaient ce côté de place avaient le double mérite de poursuivre l’architecture classique de l’école et de donner une véritable assise au pied de colline.
Cette double fonction pourrait être assurée dans un esprit contemporain comme a su le réaliser Rudy RICCIOTTI à Aix-en-Provence ou à Menton, une telle architecture valorisera la succession des boutiques.
Reste à reconstituer le côté Nord disparu de la Place, là où se trouvait le célèbre théâtre Massenet.
Selon l’organisation ci-dessus, ce fond de place se trouve épargné d’une façade commerciale, évitant ainsi sa défiguration, comme cela est le triste cas de la place de Jaud à Clermont-Ferrand.

Tout au contraire on pourrait saisir cette opportunité pour doter Saint Etienne d’une forme architecturale permettant l’expression des arts de la rue avec l’installation d’une série de gradins, dans l'intuition de Jean DASTE : "le but de la Comédie de Saint-Etienne était d'intéresser toutes les classes de la société, particulèrement celles qui n'allaient jamais au spectacle. C'est pour l'atteindre, pour l'accueillir, que nous avons joué sur les places publiques..."
De plus, les stéphanois, vu son exposition plein sud, pourraient profiter du moindre rayon de soleil et jouir du spectacle créé par l’animation de la place.
On imagine ce qu’un architecte de talent pourrait produire sur cette pente architecturée faisant écho à la pente de la Colline des Pères.

Faisons un rêve
Sortons de cette situation par le haut, faisons un rêve.
Regardons ce que le dialogue entre topographie et architecture a pu produire ailleurs.
Examinons les ingrédients du charme de la place d’Espagne à Rome :
Une place entourée de belles architectures s’appuyant sur une colline, des escaliers en symétrie pour l’agrément de l’œil et permettre aux visiteurs de découvrir le Monument qu’est la Trinité des Monts.
Au total, on constate que le site des Ursules possède, objectivement, les mêmes atouts que la place d’Espagne.
Est-ce donc une utopie que de prendre pour référence,
la place la plus charmeuse de la capitale… aux 7 collines ?

Place d'Espagne à Rome

Conclusion
Ainsi, bien loin de devenir une simple réalisation d’une zone commerciale dans un espace contraint, l’opération des Ursules saisirait l’opportunité de résoudre, à la fois, la prégnante question du stationnement dans l’Hyper-Centre et d’offrir au Stéphanois et aux visiteurs une agréable destination de balade urbaine, une place singulière, la plus créative, la plus attirante de Saint Etienne et alentours.

 


Le 03/06/13

 

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