Commentaire d'arco

Manufacture
Impériale d'armes

Ce n'était pas un palais pour un dieu, c'était un palais industriel.
Mais c'était aussi un univers :
quand on débouchait sur l'espace ordonné de la Place d'Armes et de la cour d'honneur, que l'on parcourait ces rues rythmées par les arcades, puis, traversant les cours secrètes aux porches à frontons, que le regard s'étalait sur les parcs centenaires dominés par châteaux et pavillons, d'un coup , on était plongé dans l'atmosphère palpitante du Second Empire.

Dix hectares de sens et de beauté, un Monument d'Intérêt National, et un élément d'attraction touristique dont rêve toute ville.

Plus de 6 000 Stéphanois se sont opposés à sa destruction mais que pouvaient-ils faire contre l'entêtement d'un seul, dès l'instant où il détenait l'entier pouvoir local ?
Il s'agissait pourtant d'un Sacrifice Inutile puisque toute possibilité architecturale existait de réaliser la Cité du Design en conservant la Manufacture Impériale.
Mais aussi un sacrifice inexplicable car la conservation de la Manufacture Impériale apportait un plus d'Image à la Cité du Design et que la mise en tourisme de la Manufacture Impériale offrait de belles perspectives :
ses atouts et son intérêt étaient tout aussi évidents que la saline royale d'Arc-et-Senans construite quatre-vingt dix ans plus tôt, laquelle reçoit 175 000 visiteurs par an soit beaucoup plus que l'ensemble des quatre musées de Saint-Etienne…
Le duo Manufacture Impériale conservée et ensemble LE CORBUSIER achevé, duo entrant dans la même famille de l'architecture fonctionnelle, aurait fait de Loire-Sud, ce qu'elle ne sera pas de sitôt, une Destination.

Les propositions d'ARCO et des Associations du Patrimoine
Sur le plan architectural, et dans la mesure où il avait été décidé d'installer la Cité du Design dans la Manufacture Impériale , nous avons proposé :
- soit de retenir la proposition de l'architecte Rudy RICCIOTTI, proposition de type Pyramide du Louvre, qui installait en harmonie et en dialogue avec l'existant, émergeant de parties souterraines, une coupole transparente, magnifiant la cour d'honneur qu'il avait dénommé « le sein. »
- soit, si l'on tenait absolument à l'architecture type Geipel, d'installer sa verrière le long du boulevard Thiers, lequel est aujourd'hui la véritable entrée de la ville.

Nous avions proposé par ailleurs d'installer un centre d'interprétation du site, destiné aux visiteurs, permettant non seulement de comprendre les enjeux et le mode de fonctionnement de la Manufacture mais plus largement de donner à vivre l'esprit et la créativité du Second Empire.
De plus, nous avons suggéré, ce qui aurait été un élément de crédibilité et de fixation de la Cité du Désign, de créer dans les « châteaux des directeurs » une Villa Médicis du Design.