Commentaire d'arco

La Bâtie d'Urfé
Le roman de l'Astrée

C'est le monument Renaissance le plus important de la région Rhône-Alpes par son architecture et la nature de sa décoration ; il est aussi l'épicentre d'une aventure littérature qui eut à son époque une audience européenne.
La Diana, société savante de Montbrison, a su « garder la maison » au moment où le monument dépecé était voué à une disparition inéluctable. Honneur à elle.
Le Conseil Général est venu fort opportunément en appui pour engager une restauration sérieuse.
Pourtant le nombre de visiteurs reste confidentiel, environ une dizaine de milliers.

Mais que manque-t-il à ce site remarquable pour obtenir la reconnaissance du grand public ?
Les trois éléments emblématiques du monument sont :
la Salle des Fraîcheurs, la Chapelle et le Parc.

Les propositions d'ARCO
s'enchanter de la Salle des Fraîcheurs, en l'état, elle devrait s'écrire en un seul mot, car elle a perdu ce qui faisait son charme, son originalité, à savoir son réseau hydraulique plaçant le visiteur au cur d'une cascade sophistiquée, installation encore oubliée.
Or, il s'agit selon des spécialistes, de « la seule grotte du XVIe à offrir des vestiges aussi spectaculaires. »
Pour réjouir l'il des visiteurs il convient de :
- remettre en fonction « le grand nombre de petits tuyaux qui sont dissimulés parmi le délicat pavé et rejaillissent bien haut quand on veut. »
- restituer les quatre grandes statues de marbre des quatre saisons,
- les deux statues des alvéoles.

Découvrir « la plus belle chapelle du royaume. »
Elle était, au début du XVIIe «  considérée à bon droit comme la plus belle de France. »
Aujourd'hui, aucun lieu de la Loire et même de Rhône-Alpes ne peut revendiquer la présentation des éléments de son décor dans les musées les plus notables de France ou du monde (Ecouen Rouen MET à New York Louvre).
Ces références prestigieuses sont dues à l'exceptionnel des tarsie et carreaux émaillés de la Chapelle. L'opération consistera donc en la restitution à l'identique d

e ses boiseries, pavements et vitraux.

Musarder au travers du Bois, Parterre et Labyrinthe.
On sait que les espaces extérieurs entraînent la moitié des visites sur les châteaux bénéficiant d'un parc élaboré et que le festival des parcs du Château de Chaumont connaît un immense succès.
Ici, outre les éléments d'identification : le mur d'enceinte à créneaux, ses édicules d'angles, ses portiques et la Statue de Cérès, on peut sans risque d'erreur écouter le chroniqueur de l'époque décrivant les jardins comme une sorte d'optimum pour un visiteur du XXIe siècle : «  Agencer de toutes les raretés de force belles fontaines, clairs ruisseaux parterres, labyrinthes, espaliers et un petit bois de coudres où les divers détours des jardins entrelacés faisaient fourvoyer l'il aussi bien que les pas de ceux qui savaient promener. »
Tout un parcours initiatique et de jeux amoureux, susceptibles de séduire les treize millions de sujets de la France jardinière.
On procèdera donc à la restitution à l'identique de :
- la clôture à créneaux, ses édicules d'angles, ses portiques
- la statue de Cérès.
En s'appuyant sur le plan des limites et les différents textes décrivant l'aménagement des lieux on rétablira :
- « le labyrinthe »
- le bois de noisetiers
et l'on imaginera des compositions contemporaines aquatiques, fleuries ou potagères.
L'ensemble de ces orientations, faisant passer la Bâtie du statut d'édifice intéressant à celui d'Objet Remarquable, aura un double effet :
- sur l'image du département en le dotant d'un Monument Significatif,
- sur son économie, par la création d'un véritable courant touristique.
Un tel programme pourrait s'intituler «  la Bâtie révélée. »
Parallèlement, et en référence à l'influence historique de « L'ASTREE » sur la littérature et la société européenne, grâce au contenu universel et intemporel du roman, la Bâtie d'Urfé devrait faire l'objet d'une demande de classement au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

 Mais il y a plus,
le roman « L'Astrée » fut au XVII ème le 1 er best-seller de la littérature. Chaque scène des amours contrariées de Céladon et l'Astrée est située et décrite dans un lieu réel autour de la rivière Lignon.
Ce roman à épisodes passionna les cours européennes qui se déplaçaient « en pèlerinage » sur les sites.
Ainsi, à partir d'une scénographie à imaginer pour 6 ou 7 lieux repérés dans le roman, il serait possible de faire de la terre d'Astrée,
« la Terre des Amoureux ».
De la sorte, ce cur de la Loire serait perçu comme le lieu de célébration de l'Amour. Un superbe moteur touristique pour une destination !